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Par CBS dans Saint-Gelais & la musique le 27 Octobre 2010 à 12:13
Janequin met en musique neuf des poèmes de Saint-Gelais. En voici les textes, dans les versions les plus proches de celles des partitions.
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Par CBS dans Sur Saint-Gelais : critiques le 9 Août 2010 à 18:59
Le seizième siècle en France : tableau de la littérature et de la langue, Arsène Darmesteter et Adolphe Hatzfeld, Paris, Delagrave, 1889, p. 95.
"Il est un disciple de Marot, le plus célèbre, qui mieux que tout autre montre le caractère de cette école poétique et explique pourquoi elle est si vite tombée ; nous parlons de Mellin de Saint-Gelais. (...) Tel était ce poète de cour, à l'esprit scintillant, gracieux, mais sans force ni vigueur : aucune production ne devait lui survivre."
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Par CBS dans Oeuvres de Saint-Gelais le 21 Juillet 2010 à 10:30
D'après l'édition Pierre de Tours, 1547.
Le grand vainqueur des haulx mons de Cartaige.
Accompaigné de quatre fins valetz,
Vint l’autre jour demander son partaige
Tout raisibus des portes de Chalais,
Et demanda à Jean du Pont Alais,
S’il y avoit des dens de Megera :
Ouy (dict il) & le coq du Palais
Vous ha mandé que bien tost neigera.
Le clair soleil venant des Machabées
Esclarcissoit le païs tout au tour,
Vous eussiez veu sur grands mules bastées
Venir aux champs mille dames d’atour :
Mais Scipion pendant son retour
Feit publier qu’on demandast au Pape
S’il vouldroit point leur faire ce bon tour
De luy prester son haulmusse, ou sa chappe.
Tous y couroient fors que les Heliades
Qui s’amusoient ce me semble à pescher :
On leur manda par plusieurs ambassades
Que de venir se failloit depescher,
Ouy dict l’une, on ne faict que prescher
Du different des ratz, & des grenoilles,
Et si veult on tout le monde empescher
De les fournir de fuseaux, & quenoilles. (p. 18)
Sur le costé devers Septentrion
Vint sur les rengs le fort filz d’Alcmena
Bien mutiné de ce qu’Amphitrion
Avecques luy tant de peuple amena,
Et print la masse, & tant la demena
Qu’on la sentoit du Rhin à la Thamise :
Et feit si chauld que l’on s’y pourmena
En maintz païs l’hyver tout en chemise.
Or devinez si lon en devisa,
Et si Cadmus avoit le gosier sec,
Mais je ne sçay qui diable l’advisa
Soudainement d’ainsi clorre le bec :
Si estoit il bon joueur de Rebec,
Et si savoit par cœur une triballe,
Des tourdions, & des dances avec
Mis en musique au concile de Basle.
En ce temps là vindrent les Machabées
Pour disputer contra Parlamentum,
Et n’eust esté certaines gueules bées
Disans hola, messieurs parlamenton
On leur donnoit tresbien par le menton,
Et leur dict on braves enveloutez
Pardonnez nous si nous vous desmenton,
Tous estes mieulx en point qu’en voluntez.
Nul n’entendoit le sens de l’homelie
Fors qu’un quidam qu’on vouloit espouser :
Je ne vueil poinct dict il, que lon me lie
J’aime trop mieulx le tout vous exposer :
Mais il nous fault avant presupposer (B / p. 19)
Que l’Antechrist ha la main fort habille
Car il ne faict qu’escrire, & composer,
Entendez vous ? c’est quand à l’evangille.
L’evesque print le thesme de l’epistre
Pour mieulx ouvrir l’entendement à tous,
Et feit serment, que le fons de sa mitre
Estoit si froid qu’il en avoit la toux :
On luy fourra, puis il parla plus doulx :
Et devisa du trou de la Sibylle,
De sainct Patricz, & de mille autres troux
Mais j’ay un peu la memoire labile.
Ockan monta sur le plus hault estaige
De Pegasus, & de nuit s’envolla :
Mais il laissa son cerveau pour hostaige
Parquoy revint parler à Scaevola
Lequel luy dist, amy séez vous là,
Et nous rendez les rayons de la Lune.
Laberius (dist il,) les avalla
Au grand’ festin qu’il feit à Pampelune.
Sur ces propos je vy venir un poste
Qui m’apportoit l’epistre Maguelonne,
J’ay ce luy dis je, une jambe en composte
Comment veulx tu que je picque, & talonne :
Il n’y ha rien (dict il) de Babilonne
Y voulez vous aux dames rien mander ?
Si tu y vois ou Triquon, ou Chalonne
Ne faillez pas de m’y recommander. (p. 20)
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Par CBS dans Oeuvres de Saint-Gelais le 17 Juillet 2010 à 11:15Complaincte de la loyalle amye à son amy.
Leçon de l'édition Pierre de Tours, 1547.O combien est heureuse
La peine de celer
Une flamme amoureuse
Qui deux cœurs faict brusler
Quand chascun deulx s’attend
D’estre bien tost content.
On me dit que je taise
Mon apparent desir,
Et faignant qu’il me plaise
Nouvel amy choisir,
Mais telle fiction
Veult mesme affection.
Si mon feu sans fumée
Est evident, & chauld,
Estant de vous aymée
D’aultres il ne m’en chault
Soit mon mal veu de tous
Et seul senty de vous.
Vostre amour froide & lente
Vous rend ainsi discret
La mienne violente
N’entend point ce secret,
Amour nulle saison
N’est amy de raison.
Si femme en ma presence
Aultre vous entretient
Amour veult que je pense
Que cela m’appartient :
Car luy, & longue foy
Vous doibvent tous à moy.
Quand par bonne fortune
Serez mien de tout poinct
Lors parlez à chescune
Il ne m’en chauldra point :
Je vous pry ce pendant
N’estre ailleurs pretendant.
Pour vous seul je confesse
Mon cœur estre transi,
Si j’estois grand’princesse
Je dirois tout ainsi :
Si le vostre ainsi faict
Monstrez le par effect.
Vous semble que la veuë
Soit assez entre amis,
Je ne me sens pourvueuë
Du bien qu’on m’ha promis :
C’est trop peu que des yeulx
Amour veult avoir mieulx.
Que me sert que je soye
Avecque Prince, ou Roy,
Et qu’ailleurs je vous voye
Sans approcher de moy ?
La paour du changement
Me cause se tourment.
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Par CBS dans Oeuvres de Saint-Gelais le 16 Juillet 2010 à 09:16Complaincte du loyal, & malheureux Amant à sa dame mal pitoyable.
Leçon de l'édition Pierre de Tours, 1547.Helas mon Dieu y ha il en ce monde,
Mal, ou ennuy d’ond lon ait cognoisçance
Qui soit egal à ma douleur profonde !
Helas mon Dieu si j’avois la puissance
De declairer la peine que je porte
Ce me seroit une grande allegence !
Helas mon Dieu pitié est elle morte
Qui luy defend que mort ne me contente
Puis qu’autre espoir je n’ay qui me conforte !
Helas mon Dieu le temps de mon attente
S’en va passant comme songe ou fumée
Et ma douleur est seule permanente.
Helas mon Dieu, amie trop aimée
Voyez vous point à mon dueil importable
Vostre grand tort & foy peu estimée.
Helas mon Dieu amitié perdurable
D’ingrat oubly est trop recompensée
J’en ay la peine & l’aultre en est coulpable.
Helas mon Dieu qui savez ma pensée
Soyez content que d’elle je m’estrange
Mettant à fin l’œuvre mal commencée.
Helas mon Dieu si mon cœur ne la change
Faictes au moins que mon œil mieulx se garde
De la chercher & plus ne s’y renge.
Helas mon Dieu si ma mort tant luy tarde
Ordonnez luy qu’apres ma sepulture
Tard repentie elle entende & regarde,
Que mieulx ma foy que sa cruaulté dure.
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